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Homélie de l'abbé Michel Masclet
A la Sainte Maxellende 2008 à Caudry

                                                                        (Pour voir l'article sur la fête de sainte Maxellende : cliquer ici)

 

Je voudrais te parler de cette jeune fille que tu connais bien

que tu es venue fêter aujourd'hui

dont tu as un jour entendu l'histoire

que tu viens célébrer

parce que peut être tu reconnais en elle

quelque chose qui parle de l'humanité

qui parle de toi,

et de l'évangile.

 

Je voudrais te parler de cette jeune fille

une jeune fille de son temps

d'une autre époque

pourtant une jeune fille comme toutes les filles

de son âge

tu sais qu'elle était traversée par tout ce qui t'a traversé toi-même

tu sais qu'elle s'est posée les mêmes questions que toutes les jeunes filles du monde

que toutes les femmes du monde

une jeune fille, Maxellende,

dont le visage rappelle étrangement chacun de nos visages humains

dont la vie rejoint étrangement chacune de nos vies

une jeune fille ordinaire

soumise aux coutumes de son époque.

 

Une jeune fille qui a dit non.

Et peut être est-ce ce non qui t'intéresse aujourd'hui.

Une jeune fille qui a dit oui, un oui absolu

et peut-être est-ce ce oui qui t'intéresse aujourd'hui

 

Tu viens aujourd'hui te souvenir de l'histoire de Maxellende et de sa vie,

traversée par les mêmes questions que toi

traversée par les doutes,

les manques de confiance,

une jeune fille sensible

qui vivait comme chacun, le tourbillon incontrôlable des sentiments

qui jaillissent au temps de la jeunesse

traversée par les souffrances, les douleurs,

la mort de ses proches,

interrogée par le sens de la vie,

sans doute à se demander quelle vie vaut d'être vécue et à quel prix

traversée par la foi,

habitée par cette foi

une jeune fille de son temps.

Comme toi tu es de ton temps

une femme de son temps

et Dieu seul sait tout ce qui traverse l'esprit et le coeur d'une femme.

 

Tu es venu pour Maxellende

peut être es-tu venu sans le savoir pour ce qui dans sa vie te rejoint

pour te reconnaitre en elle,

parce que tu te reconnais en elle

ou parce que tu pressens en elle, dans sa vie, dans son exemple

comme un appel.

 

Peut-être es-tu venu pour ce non qu'elle a crié bien fort

au visage de son père et de son temps.

Refusant la coutume...

promise en mariage par décision de ses parents

(tu sais toi qui es parent, que ce n'est jamais simple,

tu vois ça ne l'était pas plus hier

Aimer jusqu'à permettre à son enfant de choisir sa vie)

Promise en mariage... non par amour

non par choix personnel,

 

Maxellende a choisi de dire non.

Non à un homme qu'elle ne connaissait pas,

à un mariage préparé qu'elle n'avait pas choisi

dans lequel elle n'était pas prête à se lancer corps et âme.

 

Elle a eu ce beau courage de refuser

et ce non de Maxellende rejoint peut être des non que toi même tu as pu dire durant ta vie.

 

Il rejoint les non à la violence subie

et les non à la violence des gestes et des mots.

Les non à l'injustice et à l'indignité humaine

 

Il rejoint le non de toutes celles qui un jour devant la violence de leur époux, de leur compagnon,

devant leur alcoolisme et ses conséquences,

ont eu le courage de dire cela suffit,

tu ne continueras pas à me traiter comme ça

 

Il rejoint toutes ces mamans qui disent non devant les coups portés à leurs enfants

 

Il rejoint tous ces jeunes lycéens et étudiants qui disent non

à l'alcool intensif, intempestif, criminel de certaines soirées

à toutes les conséquences qu'il entraine pour leur corps ou leurs relations proches,

sans lendemain, sans fécondité, mortifères,

 

Il rejoint ceux qui ont la force de rejeter les substances qui annihile la volonté humaine

et rendent l'homme esclave, dépendant...

 

Il rejoint le non de ces femmes,

mères de familles, palestiniennes ou juive,

qui s'unissent aux frontières et disent non à la guerre,

à ce conflit que plus personne ne contrôle,

non à la mort de leurs enfants un cailloux à la main.

 

Il rejoint toutes celles qui disent « je choisis la vie,

pour moi même et pour mon enfant, pour les parents, mes grands parents et pour l'humanité. »

Non à l'anéantissement de la vie sous quelque forme que ce soit, elle est précieuse, elle est sacrée.

 

Il rejoint le non de ceux qui refusent de renoncer à leur foi, au risque de leur vie,

tu sais que nous avons de la chance, nous pouvons sans soucis, sans crainte de représailles nous réunir le dimanche pour prier, dire que nous sommes chrétiens

le seul obstacle que nous rencontrons c'est l'indifférence ou une fausse tolérance.

 

Il rejoint le non de ceux qui se refusent à renoncer à une vie fondée sur l'Évangile,

à succomber aux pièges du relativisme ou de la mode, de la pensée chic du moment.

 

Tu es peut-être venu pour ce non.

Tu es peut-être venu aussi pour le oui de Maxellende.

 

Maxellende était une femme de foi, de confiance et de fidélité, c'est le même mot

Elle a choisi la fidélité au Seigneur

un amour absolu.

J’ai choisi l’Amour du Seigneur dans chaque chose ordinaire,

Alors je mettrai tant de cœur à les rendre extraordinaires.

Les mystères d'Amour sont caches dans le Visage de notre Époux.

Je L'aime car Jésus n'est qu’Amour et Miséricorde. Thérèse de Lisieux

 

Que tout se passe pour moi selon ta parole, fiat !

je suis la servante du seigneur. Marie

 

pour moi vivre c'est le Christ,

que je vive, que je meure, que je souffre... Paul

 

Tu es peut-être venu pour ce oui,

qui dit toutes les confiances du monde,

des hommes,

qui dit toutes tes confiances

le oui que tu as dit un jour, à ton mari, à tes enfants,

à tes frères,

à tes sœurs,

à ton métier,

à Dieu,

à l'Église,

les oui de tous les jours,

renouvelés,

les oui quotidiens de ta vie.

 

Et parmi ces oui, tous les 'oui-pardons'

Les 'oui patience' quand les enfants sont malades

ou lorsque les parents agacent

les 'oui je t'aime' dans les grandes détresses de la vie

les 'oui je crois en toi' dans les grandes crises de l'adolescence

ou dans les ruptures cassures blessures entre nous

les 'oui, j'ai confiance que tu es quelqu'un de bien et que tu sauras écrire une vie féconde'.

Et par tous ces oui, voici que se dit ton amour

 

Il rejoint les oui à l'avenir dans les choix éthiques ou dans les engagements,

les oui à un monde qui apprenne la sagesse et à son avenir,

les oui-espérance contre toute apparence.

 

Il rejoint les oui à Dieu

dans le témoignage quotidien simple, ordinaire et audacieux de ta foi,

de cet Évangile qui est bien plus qu'un fournisseur de valeurs

d'un Évangile qui est Dieu en conversation avec chacun, avec notre monde

Dieu source de vie

Dieu nourriture

Dieu guide

Dieu présent.

 

Tu es venu pour ce oui de Maxellende

et tous ces oui de ta vie

ces oui de la vie des hommes

qui choisissent de croire en l'humanité,

de croire en l'autre

parce qu'il savent que le premier Dieu croit en eux.

Ce oui de Maxellende qui nous parle surtout de la fidélité de Dieu

depuis toujours

d'une fidélité plus forte que le désert,

plus forte que la mer,

plus forte que le veau d'or,

plus grande que les murmures,

plus fidèle que toutes nos promesses.

 

Tu es venu pour ce Oui inconditionnel de Dieu,

et la promesse d'une présence de tout instant à tes côtés

le Oui de Dieu pour les grands jours de fête

comme pour les grands soirs de pluie intérieure

pour les nuages gris foncés de nos vies,

pour les nuits les plus obscures

pour les deuils les plus grands

pour les aveuglements et les errements les plus durs...

le soirs où il ne reste plus personne et ceux qui restent s'endorment au lieu de prier...

le soir où tous partent, abandonnent

le soir où toutes les promesses des hommes tombent et s'évanouissent,

cet homme, je ne le connais pas.

 

Tu es venu pour entendre ce Oui de Dieu

qui te fais devenir celui, celle que tu es.

Oui je ne te condamne pas

Oui j'ai confiance va et ne pêche plus

Oui viens et suis moi

Oui je t'appelle mon ami,

 

Ce Oui qui t'ouvre un avenir

qui est promesse de vie pour toi.

 

Et tu as pris la route avec elle tout à l'heure

tu t'es mis à sa suite sur la même route mais à sa suite,

avec le Christ comme compagnon de route.

En prenant la route tu dis ton choix d'apprendre les non et les oui

à la manière de Maxellende

et d'apprendre avec elle la confiance et la fidélité.

 

Je voulais te parler de Maxellende,

je voulais te parler de ta vie,

je voulais te parler de Lui,

et t'inviter à aimer et à vivre.

 

 

Article publié par Léonce DELAETER • Publié le Dimanche 23 novembre 2008 • 3035 visites

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