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Rencontre avec Père M. Séri du Burkina-Faso

Père Marc SERI vient du diocèse de Dédougou au Burkina-Faso , il est à disposition de notre doyenné tout l'été. Il vient soutenir les prêtres en fonction durant leurs congés d'été et en particulier ceux de la paroisse Sainte Maxellende.

Arrivé du Burkina-Faso, il y a quelques jours à Caudry, Père Marc Séri a accepté avec une grande joie de nous faire découvrir son pays et de nous partager ses réflexions sur sa mission. Ancienne colonie française, le Burkina-Faso, indépendant depuis le 5 août 1960, est au carrefour de cinq pays africains sur la côte ouest.

 

 

"...S'il y a une possibilité pour nous d'apporter ici notre petite pierre en tant que prêtre et missionnaire

car avec la mission il n'y a pas de frontières! "

(Père Marc Séri)

Pere M. Seri (2) Pere M. Seri (2)  

Père Marc Séri : « Cela fait huit ans que je suis prêtre et je viens du Burkina-Faso. Le pays s'étend sur une superficie de 274400 km, soit 400km2. Mon diocèse se situé au nord-ouest. C'est la saison des pluies à l'heure actuelle. Au niveau de l'église, nous devons avoir quinze ou seize diocèses. Nous sommes avec la conférence épiscopal Burkina-Niger. Il doit y avoir deux diocèses au Niger. Pour mon diocèse, à l'heure actuelle nous n'avons pas d’évêque car le dernier est décédé en août dernier. Nous avons un évêque administrateur en attente d'un nouvel évêque. Au Burkina, nous avons beaucoup de prêtres et nous avons fêté les soixante-quinze années de sacerdoce du Burkina-Faso. Nous avons eu nos premiers prêtres il y a soixante-quinze ans ! Nous tournons aujourd'hui autour de plus de mille prêtres. Au niveau de mon diocèse de Dédougou, nous sommes cent-vingt prêtres avec quatorze paroisses...

carte du Burkina-Faso carte du Burkina-Faso  

L'année de la miséricorde (2016), nous avons baptisé plus de deux cents même trois cents personnes pour cette toute petite paroisse qui est en marche vers ses soixante-quinze ans de sacerdoce (depuis 1947). Au niveau du Burkina-Faso, cette année, il y aura sept prêtres d'ordonnés mais on constate quand même une baisse des vocations. Pourtant on ne désespère pas, il y a encore des jeunes qui viennent, ce n'est pas encore catastrophique. »

 

 

 

Pourquoi le choix de la France et de notre doyenné ?

 

« Ma venue, c'est grâce au Père Hervé Le Minez. J'ai fait sa connaissance dans les années 96-98. Il était à la paroisse cathédrale de Bobo et moi j'étais au petit séminaire. Pendant longtemps on l'a connu de nom « Père Hervé ». J’ai été proche de lui dans la communication grâce à un de mes frères qui est venu ici l'année dernière : Édouard Gnoumou qui m'a mis en contact avec le Père Hervé...

Jardin du presbytère de Caudry : Pères M. Séri, U. Koukoura (Togo), H. Le Minez (paroisse Sainte Maxellende), C. Sanon (Burkina-Faso) Peres C. Sanon U. Koukoura H. Le Minez et M. Seri  
Au jardin du presbytère de Caudry : Pères C. Sanon (Burkina-Faso), U. Koukoura (Togo), H. Le Minez (paroisse Sainte Maxellende) et M. Seri (Burkina-Faso)
Au jardin du presbytère de Caudry : Pères C. Sanon (Burkina-Faso), U. Koukoura (Togo), H. Le Minez (paroisse Sainte Maxellende) et M. Seri (Burkina-Faso)

 

... Le Burkina était un colonie française. Et ce qui se passe en France nous intéresse beaucoup. Je ne suis jamais venu en France, c'est la première fois. En venant, j'étais un peu crispé, j'avais un peu peur par rapport au froid mais je suis arrivé avec le soleil. Je rends grâce à Dieu. Le Père Hervé est très simple et très gentil et je suis encore plus heureux car j'ai trouvé un frère. Cela facilite mon intégration. Je venais en France pour un partage d'expériences aussi, découvrir d'autres réalités... Nous avons trouvé des laïcs bien organisés, très impliqués. Pour moi, je suis très heureux de vivre cette expérience ici en France. Ce partage d'expériences nous enrichit aussi, même pour l'engagement des fidèles. Pour moi, l’idéal de l'église, c'est de donner aussi la place aux fidèles car l'Eglise ce sont les fidèles et les prêtres, cela m'interpelle et à mon retour au Togo je travaillerai pour impliquer les fidèles laïcs aussi. Je suis curé de ma paroisse d'origine( Notre Dame de l’Annonciation de Zaba) dans le diocèse de Dédougou qui est au Nord-ouest du Burkina. Nous sommes trois prêtres, un vieux prêtre à la retraite, moi et un jeune prêtre d'un an. Durant ces deux mois, nous aurons beaucoup à apprendre et à découvrir. Je suis heureux de faire cette expérience qui est une première pour moi. »

 

 

 

Comment envisagez-vous votre mission en tant qu’apôtre du Christ ?

 

 « Tout d'abord les missionnaires qui nous ont évangélisé sont venus d'ici, de France. Alors, s'il y a une possibilité pour nous d'apporter ici notre petite pierre en tant que prêtre et missionnaire car avec la mission il n'y a pas de frontières. Tant que le besoin se fait sentir, nous allons annoncer l'évangile partout. J'étais en mission au Tchad en Afrique centrale pendant trois ans et j'ai beaucoup travaillé avec des français parce que mon évêque était un français, un breton, Mgr Henri Coudrai. Donc, j'ai eu l'opportunité de mieux connaître les réalités pastorales avec cet évêque mais aussi avec un autre missionnaire Philippe Rio (en mission 5 ans au Tchad) originaire de Nantes. »

 

 

Si vous aviez un message a faire passer aux français, lequel serait-il ?

 

« C'est une grande reconnaissance car les pères missionnaires comme les sœurs missionnaires m'ont beaucoup marqué parce que ma vocation est partie d'eux. Il y avait des français, un canadien et des religieuses qui ont beaucoup travaillé, et se sont beaucoup investis pour me faire connaître le Christ. Beaucoup de missionnaires ont versé leur sang pour l'annonce de la bonne nouvelle. pere M. Seri pere M. Seri  Le premier curé marquant les chrétiens de ma paroisse Dapaong a été le Père Jean-Baptiste Guillauma (européen) enterré à Soro dans la paroisse de Zaba. Même si en son temps, il a trouvé une hostilité avec les religions traditionnelles et tous ceux qui s'opposaient à l'évangile, aujourd'hui beaucoup de gens font des pèlerinages sur le lieu de sa sépulture. Nous lui devons beaucoup. Et puis, je ne pouvais pas imaginer qu'un jour je viendrais en France. Je connais une religieuse de la congrégation de Saint Joseph de Lyon, sœur Béatrice Chymmer qui s'était investie dans le domaine de la santé au Burkina-Faso. Je suis né entre ses mains. D'une façon générale, c'est une reconnaissance et une joie de venir dans ce pays qui s'est beaucoup investi à travers ses prêtres et ses sœurs pour que nous ayons l'évangile. Nous voulons les rassurer par nos prières. Nous constatons un manque de vocations ici mais si les possibilités nous sommes données, nous serons heureux de revenir ici pour aider. Je voudrais remercier l'engagement des fidèles dans l'église, ils sont accueillants, ils ont l'habitude de recevoir des prêtres africains. Je remercie les français de m'accueillir mais c'est vrai que j'étais un peu paniqué quand je suis arrivé à l'aéroport Charles De Gaulle... »

 

 

 

Un grand merci au Père Marc Séri,

pour sa bonne humeur et son dévouement.

Souhaitons lui, un bon séjour dans notre doyenné et faisons lui bon accueil.

 

Rencontre du jeudi 07 juillet 2017 à la maison paroissiale en présence de Père U. Koukoura (Togo)

 

Article publié par Muriel Marin/ Paroisse sainte Maxellende • Publié Mercredi 19 juillet 2017 • 250 visites

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